Édito
Depuis six ans, avec l’équipe, nous avons réussi à remettre la Maison sur le chemin du succès en attirant et fidélisant un nouveau public, plus diversifié. La Maison de la Culture, Centre de création et de production, inscrit l’artiste au cœur de son activité, et permet à ce dernier de trouver l’accompagnement nécessaire pour mener à bien ses aventures et rencontrer le public. Nous  avons produit des projets artistiques forts (Denis Podalydès, Lukas Hemleb, Emio Greco, Jacques Gamblin, Marcel Bozonnet, Daniel Jeanneteau et Marie-Christine Soma, pour ne citer qu’eux), présentés en France, en Europe.
Pourtant, peu après mon arrivée, nous découvrions que les dettes de Label Bleu menaçaient l’équilibre financier de notre établisement. Nous avons solutionné en partie cette crise qui menaçait le projet artistique, grâce à des emprunts dont le remboursement s’échelonne sur plusieurs années. Quand, fin mai 2010, nous avons appris la diminution importante d’une partie de nos subventions - d’autres structures ont subi la même mésaventure -, j’ai ressenti une grande inquiétude. Depuis, aucune solution miracle n’a été apportée, et une fois encore, grâce à l’aide de l’État (le Ministère de la Culture et de la Communication et la Drac), le soutien formidable du public qui est venu plus nombreux, les efforts de l’équipe (permanents et intermittents) pour réduire les frais de fonctionnement, la suppression de notre journal et d’une partie de la communication, le renforcement du partenariat privé, nous avons évité le pire (amputer la programmation, annuler des créations et licencier).  Mais ne nous voilons pas la face, la Maison est fragilisée par ces crises successives. Pour continuer à développer et préserver le projet artistique engagé par André Malraux en 1966, il faudra trouver de nouvelles solutions qui permettront de retrouver une stabilité financière.
Deux nouvelles aventures, concernant la jeune création, participent dès 2011 à un certain redressement. La Commission Européenne, dans le cadre d’un projet culture, a décidé de nous soutenir pendant cinq ans. Nous menons ce projet, autour de la danse, du théâtre, du cirque et des arts plastiques, avec sept structures culturelles, à Salzbourg, Berlin, Zagreb, Dro en Italie, Courtrai, Bergen et Bytom en Pologne. Ce nouveau partenariat est aussi une reconnaissance de la qualité et de la pertinence de notre travail. Hortillonnages Amiens 2011 est la deuxième aventure, initiée l’an dernier dans le cadre de Imaginez Maintenant. Fortement soutenue par l’État, la Métropole d’Amiens et le Conseil Général de la Somme, elle nous permet d’aborder de nouvelles disciplines - le paysage et les arts plastiques in situ - mais aussi de rencontrer de nouveaux publics peu enclins à fréquenter des lieux culturels.
Malgré un avenir incertain, la programmation, cette saison, reste ambitieuse et encore plus ouverte à tous. La création est très



présente avec trois propositions : Marcel Bozonnet, accompagné de l’historien Gérard Noiriel, racontera la vie du clown noir Chocolat, de sa splendeur à sa chute ; les chorégraphes Nabih Amaraoui et Matthieu Burner continueront leurs explorations des rapports de domination avec quatre danseurs ; la compagnie Éclats d’États nous plongera dans l’univers de Dostoïevski en adaptant l’une de ses nouvelles.
Nous accueillerons, pour la première fois à Amiens, l’artiste phare du cirque équestre, Bartabas, et aussi des grands noms du théâtre d’aujourd’hui, Jean-Louis Trintignant, Omar Porras, Éric Lacascade, Olivier Py, Philippe Adrien, Alain Françon, Joël Pommerat…
La musique - particulièrement le jazz - la danse et le cirque tiendront une place plus importante que par le passé avec la venue d’artistes de réputation internationale, Alain Platel, Zoltán Kocsis et son Orchestre National Philharmonique de Hongrie, Maguy Marin, Charlie Haden, Vadim Repin, Dave Holland, le Legend Lin Dance Theatre avec son costumier «légendaire» Tim Yip, deux fois «oscarisé» à Hollywood, Rokia Traoré, Barbara Bonney et l’orchestre Les Siècles, le ballet classique Eifman de Saint-Petersbourg, le cirque canadien Éloize qui nous avait ravis avec Rain, Carolyn Carlson, Michel Portal, Rinaldo Alessandrini et son Concerto Italiano, Jacques Gamblin en chanteur très jazzy, Jennifer Larmore, merveilleuse interprète de Rossini, Philippe Decouflé, le fabuleux duo Gary Burton et Chick Corea, Henri Texier, Boris Berezovski…
Nous continuons notre compagnonnage heureux avec l’Orchestre de Picardie et son nouveau chef Arie van Beek, et le Festival Tendance, rendez-vous privilégié avec la création contemporaine, fera le lien, dans la bonne humeur, entre la Picardie et l’Europe.
Par ailleurs, une nouvelle ligne éditoriale est pensée pour les arts plastiques : la photo y trouvera sa place avec une première exposition, Documents-Terre, et un partenariat s’engagera avec le Frac pour présenter régulièrement sa collection de dessins.
Dans quelques mois, nous poursuivrons l’aménagement du Cinéma Orson Welles en numérisant la salle, et d’autres travaux scéniques sont également programmés pour les trois prochaines années ainsi qu’une réfection du bâtiment du Label Bleu et de son studio d’enregistrement.
Pour conclure, je tenais à remercier l’ensemble de nos partenaires, les tutelles, le Club des Entreprises, les médias et le public.

Bonne lecture et belle saison à tous.

Gilbert Fillinger